DECENTRALAND : le monde de demain (?)

« Comment ça le monde de demain » me demandes-tu ? Crois-moi ou pas, c’est bien possible ! Laisse-moi te parler un peu plus en détails de Decentraland, tu verras qu’on tient peut-être là un très beau projet…

Mais d’abord, qu’est-ce que la réalité virtuelle ?

La réalité virtuelle consiste principalement en un casque qui a pour effet une immersion totale de l’utilisateur dans un film, un jeu ou même… un monde !  Certains disent qu’il s’agit de la technologie de demain (avec la blockchain bien sûr ! (IOTA-maximalists abstenez-vous de tout commentaire, on en parlera plus tard ! 😉 )), comme le montre cette étude menée par IDC (cliquez ici) qui s’attend à voir le marché de la réalité virtuelle passer de 5.2 milliards en 2016 à 162 milliards d’ici 2020, et comme le pense aussi Mark Zuckerberg, qui affirme « Virtual Reality is the next platform » .

Mark Zuckerberg, CEO de Facebook, à l’Occulus Connect en Octobre 2016…

Cette photo ne vous fait pas réfléchir ? Quand on voit Facebook s’intéresser d’aussi près à cette technologie si immersive, cela peut amener à soulever des hypothèses parfois angoissantes… Imaginons par exemple que Facebook (ou tout autre géant de la technologie) nous impose son monde virtuel, une sorte de monde parallèle accessible grâce à ce casque, dans lequel nous évoluerions tous et dans lequel toutes nos données, nos faits et gestes seraient… traqués ( donc potentiellement revendus à de tierces entités). Quelque peu problématique n’est-ce pas ?

Et si, grâce à Ethereum, on pouvait éviter ça ? Si l’on pouvait construire notre propre monde, de façon décentralisée, sans crainte d’atteinte à la vie privée, sans qu’il y ait une entité qui contrôle nos moindres faits et gestes dans ce monde virtuel ? C’est de cette idée qu’est né le projet Decentraland : créer un monde virtuel décentralisé, open source, auquel tout le monde ait accès, et dont personne n’a le plein contrôle.

Le principe est simple : le monde se décompose en parcelles de terrains de 100 m² (10m par 10m) que l’on appelle « tuiles ». Chaque tuile a un unique propriétaire qui en a le PLEIN contrôle. Grâce au système de script intégré, on peut importer n’importe quel objet 3D et donc jouir comme bon nous semble de notre propriété : on peut y construire une maison, la laisser vide, y construire un château, y creuser un trou et ainsi de suite. Le propriétaire peut aussi louer sa tuile, déterminer qui y a accès, et bien entendu céder la propriété à quelqu’un d’autre.

Le système de script permet aussi aux utilisateurs de programmer des interactions avec l’environnement ; ainsi, on peut créer des casinos, des jeux en tout genres, des ambiances musicales… 

De là on peut commencer à imaginer ce qu’il peut se passer ; par exemple je pourrais acheter pour 10 000 m² de terrain, et construire un énorme labyrinthe ! Ou bien je pourrais n’acheter qu’une tuile et y afficher une reproduction grandeur nature de la Tour Eiffel ! Ou même… un éléphant rose qui monte sur les épaules d’un singe aux poils vert fluo. On peut tout faire !

MANA et LAND

Imaginez le monde de Decentraland comme un quadrillage, où chaque carré représente une tuile. Chaque tuile a donc un unique couple de coordonnées, comme montré dans les images juste ci-dessous.

En désignant un carré comme le point d’origine, on peut attribuer un couple de coordonnées unique à chaque carré !

Bien entendu, DCL n’est pas un monde 2D ; pourquoi donc suffit-il d’un couple de coordonnées, et pas trois d’entre elles ? Simplement parce que dans DCL, il n’y a pas de limite de hauteur ; les titres de propriété n’ont besoin donc que de deux coordonnées afin de pouvoir être identifiés.

Le titre de propriété de DCL est le LAND : chaque LAND est un actif digital unique (non-fongible pour les puristes !), qui vit sur la blockchain ethereum, et qui a un couple de coordonnées, un propriétaire, ainsi qu’une référence à la description du contenu que le propriétaire veut voir s’afficher.

Afin d’acquérir du LAND, il faut se procurer du MANA, un token déployé sur le réseau Ethereum (ERC20). Ce token a une fonction spéciale ; en détruisant 1 000 MANA (on dit qu’on les « burn »), on crée un nouvel actif LAND, auquel on doit spécifier des coordonnées ; en fait on est en train de créer une nouvelle tuile dans le terrain, et les coordonnées servent à localiser la tuile dans le monde.

Voici un exemple tiré du premier prototype de l’équipe de DCL : de façon très basique, chaque propriétaire d’un pixel pouvait choisir la couleur du pixel.

La règle pour le choix de coordonnées est simple : chaque tuile doit être adjacente à AU MOINS une autre tuile. De cette façon, il est impossible de créer une tuile complètement déconnectée des autres.

Les tokens MANA ont été distribués au mois d’Août :

  • 20% pour les premiers investisseurs, développeurs et conseillers
  • 20% pour la Foundation
  • 40% lors de l’ICO
  • 20% afin de récompenser les utilisateurs jugés « constructifs »

Je précise que les derniers 20% serviront en fait à inciter la communauté à se développer et proposer des idées. Sur cette page il y a les informations à ce sujet : les utilisateurs faisant des propositions de projets ou d’idées pour Decentraland se verront attribués du MANA gratuitement. Une opportunité rêvée pour les retardataires, ou les passionnés fauchés.

En parlant de proposition de projet, la communauté en a déjà quelques-un en tête : des projets de ville, des projets de zone à gravité nulle, des projets de squats pour laisser libre cours à la créativité des nouveaux arrivants… tout est à faire !

En voici quelques images :

 

 

Et même une vidéo !

Merci à Priscilla pour son travail : voici ici son Linkedin.

D’autres token MANA devraient être créés dans le futur : ils suivront la distribution ci-dessous.

La création de MANA continuera au fil du temps

Les revenus issus de la vente des nouveaux MANA (administrés par un smart-contract) seront gérés par la Foundation, qui aura pour but la dynamisation et l’aide à la réalisation de projets au sein de DCL. À terme, le but serait que la Foundation (qui est aujourd’hui gérée par les créateurs) face une transition vers une DAO.

Une DAO, kézako ? (allez, clique !)

Pour rappel, c’est une Organisation Autonome Décentralisée : tous les participants de la DAO œuvrent à l’organisation, au vote, à la direction que prend la DAO, sans que personne n’en ait le plein contrôle. La technologie, c’est beau.

Certaines tuiles risqueront de valoir plus que d’autres : avoir une tuile en plein milieu d’un lieu hyper fréquenté (type Time Square) pourrait fortement intéresser un organisme de publicité, alors qu’être perdu au milieu de tuiles désertes n’intéressera sûrement personne… les LAND étant cessibles et n’existant qu’en quantité limitée, on peut se douter qu’il y aura un marché à organiser… et c’est là qu’entre en jeu district0x !

District0x reprend encore le concept de DAO, et permet la mise en place de marchés décentralisés OTC (Over The Counter, ou de gré à gré en français), utilisant Aragon, projet ayant pour but de désintermedier la création de la gestion des entreprises et d’autres structures organisationnelles.

Afin de gérer le stockage de données de façon décentralisée, DCL pense utiliser IPFS. Un autre projet qui utilise le réseau Ethereum, par son token Filecoin.

Et voilà le travail. Alors, intéressé ou pas ? Que vous soyez pour ou contre ce projet de monde virtuel (j’insiste ici sur monde et pas jeu), il est intéressant de voir comment les projets sur le réseau Ethereum explosent. On commence à voir comment ils peuvent interagir les uns avec les autres, et ce n’est que le début !

Pour les intéressés, voici ici :

Le lien vers le slack : https://slack.decentraland.org (fermé pour le moment)

Le lien vers le site : decentraland.org (sur lequel on trouve le whitepaper, que je vous recommande vivement de lire)

Le lien vers le subreddit : http://reddit.com/r/decentraland

Le lien vers la démo : https://decentraland.org/app/

 

Un pepe sauvage et M. Butterin en personne sur la demo !

 

UPDATE : 

Suite aux récents changements de législation sur les ICO en Chine, l’équivalent de 7M$ ont été retournés aux plateformes chinoises. Ils ont donc décidé de faire une « deuxième » ICO mais réservée cette fois-ci seulement aux personnes inscrites sur leur liste blanche (whitelist). Pour plus d’information sur la situation, suivez ce lien : Decentraland Whitelist. Cette ICO n’est pas exactement comme les autres : un montant maximal est réservé pour chaque participant (par exemple 3 Eth) pour le premier jour, puis un second montant maximal est réservé pour le deuxième jour (par exemple 10 Eth) pour chaque participant, et ainsi de suite jusqu’à l’écoulement complet des 7 Millions de dollars.

 

Notes de l’auteur :

Certains d’entre vous ont déjà dû entendre parler de ce projet ; en effet l’ICO (qui n’a duré que quelques secondes) a fait beaucoup de bruit, et beaucoup s’en sont plaints. Cependant comme je l’ai noté plus haut, il existe, pour les plus passionnés d’entre nous, des moyens pour se procurer du MANA.

Bien entendu, on ne peut évoquer ce projet sans que le fameux jeu Second Life ne nous vienne à l’esprit. Pour autant, la liberté totale du monde de Decentraland ainsi que l’immersion en 3D devrait faire vivre une toute nouvelle expérience à tous les utilisateurs ayant déjà joué à SL.

Comme le potentiel est gigantesque, des communautés se forment déjà afin de créer les premières villes, le premier Time Square, avoir la tuile qui sera la plus visitée…

 

Je conclus cette note en rappelant que la quantité de travail restant à fournir est titanesque. Pratiquement toutes les notions évoquées ici ne sont que des concepts, et bon nombre d’idées existantes vont devoir faire face à de gros problèmes (techniques, financiers, humains etc…). Pour autant, je pense que ce projet a un fort potentiel, et l’on pourrait là peut-être voir la première application tout public complètement basée sur la blockchain.

Scott Piriou

Etudiant en mathématiques, Ethereum maximalist, crypto-investor !

2 Responses

  1. eth-friendly dit :

    Un projet tres interessant, cela change vraiment de ce que l’on a l’habitude de voir dans le monde de la blockchain c’est le premier du genre il est donc en competition avec rien dutout contrairement a tout ce qui est gestion et transfert de token (omisego bancor 0x kyber melon digix prism etc).

    Le projet a la capacité de construire une énorme communautée et il y a un vrai business model derriere la mana token (dans paquets de projets on en vient a se demander de la reel valeur de la token et bien souvent a part un droit de vote y a pas grand chose…)

    Bref, je pense que c’est un des beaux projets financé cette année et qui en plus a du potentiel pour l’investisseur.

  1. 13 septembre 2017

    […] Pour lire la suite, suivez le guide lien : DECENTRALAND : le monde de demain (?) […]

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